Le Tom Ibarra group épate le Club-House

December 16, 2016  •  Laisser un commentaire

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

samedi 17 décembre 2016, le Club-House (Bordeaux)

 

Christophe de Miras, Jean-Marie Morin, Pierre Lucbert, Tom IbarraChristophe de Miras, Jean-Marie Morin, Pierre Lucbert, Tom Ibarra

 

Riche semaine musicale à Bordeaux et ses environs – le blog en a relaté certains événements – avant une petite pause pour les fêtes. Pour nous à Action Jazz c’est la fête toute l’année tant la diversité et la qualité de la programmation sont régulières, quand on privilégie le talent des musiciens par rapport au star système. Lui en fera peut-être partie un jour même si ce n’est pas forcément cela qu’il vise, mais il a tous les atouts en main pour y arriver. Du talent, de la créativité, car il compose, de plus en plus de présence sur scène, déjà quelques jeunes groupies sous son charme, car il en a le bougre. Lui c’est Tom Ibarra. Lui et eux, car sans ses trois excellents compères il ne serait pas sur cette pente ascendante.

 

Tom IbarraTom Ibarra

 

Le plus ancien, présent depuis ses débuts tout jeune sur scène, Jean-Marie Morin remarquable bassiste, Christophe de Miras aux claviers qui se révèle de concerts en concerts et l’autre jeunot de l’équipe qui lui aussi commence à embuer les yeux des jeunes filles le tonitruant batteur Pierre Lucbert qui a rejoint Tom au printemps ; la meilleure nouvelle de l’année.

Ce qui est rafraîchissant quand j’assiste à leurs concerts c’est que très vite j’ai le même âge qu’eux ce que ne me confirmaient pourtant pas les miroirs du Club-House hier soir. Plus sérieusement à un moment où le public du jazz, parents et alliés, a une fâcheuse tendance à grisonner l’arrivée de jeunes talents – le blog vous en présente d’autres régulièrement – fait un grand bien, car ils attirent un public plus jeune comme hier soir. Public nombreux en plus et ça aussi c’est une bonne nouvelle et pas forcément là par hasard le groupe commençant à avoir une certaine notoriété ; et vu le succès ça devrait faire boule de neige.

Action Jazz vous l’avez compris a un petit faible pour le Tom Ibarra group et ne rate pas ses prestations ce qui lui permet à chaque fois de constater les progrès et les nouvelles prises de risque. C’était le cas hier sur un répertoire qui est parfaitement rodé et qui permet d’aller plus loin dans les improvisations. Sur cette scène foutraque du Club-House, le bassiste et le batteur surtout étant repoussés quasiment backstage, ils s’en sont livrés à cœur joie. Circulant pas mal parmi l’assistance j’ai pu mesurer son étonnement de découvrir un tel niveau.

Tom Ibarra développe et étire ses chorus vers des sommets et, au delà de la grande technique qu’il possède depuis longtemps, il commence à vraiment transmettre son émotion avec sa belle Ibañez ; avant il ne jouait pas autant les yeux fermés, pénétré par sa musique, il a franchi un pas et ce n’est pas fini. Il travaille dur pour cela au CMDL (l’école Didier Lockwood) et un seul trimestre passé là-bas fait déjà son effet.

 

Tom IbarraTom Ibarra

 

Jean-Marie Morin est d’un soutien essentiel à cette musique – à qui on va coller l’étiquette jazz fusion pour simplifier – et en rythmique, en slap ou lors de ses chorus il est indispensable avec sa basse sur mesure, fabriquée par le luthier périgourdin Baptiste Vergnaud.

 

Jean-Marie MorinJean-Marie Morin

 

Christophe de Miras a intégré le groupe il y a un an et a vraiment trouvé sa place. Toujours avec le sourire, il se lance désormais dans des chorus pleins de verve et de groove ; du fait de la disposition particulière de la scène il était hier soir en pôle position et ainsi très exposé. Il a drôlement assuré.

Christophe de MirasChristophe de Miras

 

Caché au fond dans la remise, Pierre Lucbert n’a pas eu besoin de forcer son talent pour malgré tout se faire remarquer. Son jeu est époustouflant, d’une grande richesse rythmique, frappe sèche, précise et groove fabuleux sont ses signatures. Tout ça avec une aisance apparente que seul un gros travail autorise. Lui aussi a un bel avenir, une fois terminées ses études au CNR de Bordeaux.

 

Pierre LucbertPierre Lucbert

 

Pour le répertoire il est à peu de choses près le même que lors du concert de mai au Caillou chroniqué par Dom Imonk et auquel je vous renvoie, c’est la façon de traiter les choses qui a été différente, encore un cran au dessus. http://blog.actionjazz.fr/tom-ibarra-quartet-au-caillou-le-280516/

Ces musiciens jouent le plus sérieusement du monde mais ne se prennent pas au sérieux, pleins de fraîcheur et d’humilité aussi et ça à souligner. Témoin ce rappel commencé par à un tribute to … Tino Rossi et son « Petit Papa Noël » avant de lâcher la bride des rennes et de faire débouler le traîneau à 200 à l’heure !

Longtemps que le Club House n’avait pas bougé comme hier soir !


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